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L’élégance des veuves d’Alice Ferney : 120 pages d’une infinie délicatesse …

14 juillet 2017

Voici un petit livre qui se glisse facilement dans un sac à main et se lit en quelques heures. On aurait tort de passer à côté de ce petit bijou, d’une profondeur remarquable et d’une grande délicatesse. 

 

Pourquoi ce livre ?

 

Je suis arrivée à ce livre après avoir vu la bande annonce du film « Éternité » de Tran Anh Hung. Vous savez ce film avec Bérénice Bejo, Audrey Tautou et Mélanie Laurent ? Le pitch m’a emballée : à trois époques, trois femmes sont confrontées aux joies et douleurs du cycle de la vie. Deux jours après j’achetais le livre et je ne l’ai pas regretté. D’ailleurs, je n’ai même pas vu le film. J’ai voulu rester sur la pureté et la beauté de l’écriture d’Alice Ferney. 

 

La quatrième de couverture …

 

« Au rythme des faire-part de naissance et de mort, voici la chronique de destins féminins dans la société bourgeoise du début du XXe siècle. Fiançailles, mariages, enfantements, décès… le cycle ne s’arrête jamais, car le ventre fécond des femmes sait combler la perte des êtres chers. C’est avec l’élégance du renoncement que l’on transmet ici, de mère en fille, les secrets de chair et de sang, comme si la mort pouvait se dissoudre dans le recommencement ». 

 

Pour qui ? 

 

Évidemment, ce livre parlera davantage aux femmes, notamment aux mères. Ce qui ne l’interdit évidemment pas aux hommes pour autant … Il plaira à ceux qui aiment la belle écriture et la profondeur des personnages. Un peu moins à ceux qui cherchent frissons et aventures. 

 

Quelques morceaux choisis … 

 

« C’était un bourgeonnement incessant et satisfait. Un élan vital (…), un instinct pur (…), une évidence (…) les poussaient les uns après les autres à rougir, s’épouser, enfanter, mourir. Puis recommencer ».

 

« Le grand arbre familial étendait ses branches de plus en plus loin, année après année éparpillant des feuilles, au gré des mariages les enfants quittant les parents, dans l’espace entier ».

 

« Elle eut envie de lui dire que cet instant était le moins important, le plus facile surtout, qu’après tout restait à bâtir, ou du moins leur sentiment à ne pas détruire ».

 

« Au terme de cette naissance, elle sentit qu’elle était née aussi. Pendant quelques jours ses pensées ne conçurent que cela : l’enfant la faisait, lui donnait une place dans l’immensité et l’inconnu ».

 

« D’eux, il reviendra sans cesse des parcelles. La forme droite d’un nez, les yeux bleus, le grand front, la raideur, une volonté particulière, même s’il n’y a personne pour reconnaître la troublante ressemblance. Le sang et la chair, qui n’ont jamais le temps qu’ils souhaiteraient, ont une éternité derrière et devant eux »

 

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Lu en septembre 2016 – Dans un TGV

 

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