Lectures

Le bureau des jardins et des étangs de Didier Decoin : les sens en éveil

17 novembre 2017

Aujourd’hui, je vous parle du livre subtil et délicat de Didier Decoin, Le Bureau des Jardins et des étangs. Il est publié chez Stock, et m’a beaucoup plu.  

Lire, c’est vraiment magique ! La semaine prochaine, je vous emmène en Libye, sur les traces de l’aventurière italienne Noelie Ongaro, avec Looping d’Alexia Stresi. Cette semaine, c’est dans le Japon du 12e siècle que je vous propose de plonger.

Voyager à travers les livres permet de continuer à s’évader même lorsque l’on n’a pas le loisir de partir. C’est sans doute pour ça que j’ai voulu vous parler à la fois de mes périples et de mes lectures sur ce blog. Je trouve que les deux se complètent à merveille. 

 

Pourquoi ce livre ?

 

 

C’est ma petite maman qui m’a offert ce livre pour me remonter le moral alors que j’étais assignée à la maison après une opération de l’appendicite. Coïncidence géniale, il se trouve que ce livre était justement sur ma liste de livres à lire. Autant dire que j’étais ravie…

J’avais entendu parler de l’écriture fine et poétique de Didier Decoin, et la perspective d’être transportée dans le Japon médiéval me plaisait. Parfois, il faut savoir sortir de ses zones de confort et j’ai assez peu lu sur le Japon.

 

Ca raconte quoi ?

 

Mikuyi vit dans un petit village rural du Japon. L’histoire s’ouvre alors qu’elle vient de perdre son mari Kuyoto, pêcheur de carpes qui fournit ses plus specimens à l’Empereur. Surmontant avec dignité et pudeur la perte de l’homme qu’elle aimait, Mikuyi doit assumer la charge de son mari. C’est décidé, elle ira livrer au palais impérial les précieux poissons. En route, notre anti-héroïne va être confrontée à bien des tourments et péripéties. Elle va surtout devoir faire le deuil de son époux disparu. Pourtant vaille que vaille, elle poursuit son chemin, que le lecteur est invité à partager.

 

Verdict

 

Dit comme ça, on peut penser que le livre va être d’un ennui mortel. Pourtant, ce n’est pas du tout le cas. On ne s’ennuie à aucun moment. Il faut reconnaître qu’en rendant passionnante une histoire de pêche et de livraison de poissons, Didier Decoin réussit un vrai tour de force. Pour ma part, j’ai été totalement embarquée par l’histoire. Ce qui fait aussi la force de cette ouvrage, c’est sa capacité à décrire une ambiance et à y plonger le lecteur. Il me restera quelque chose de fort de ce livre. 

La toute fin peut surprendre et je ne suis pas certaine qu’elle m’ait beaucoup emballée.

Autre point qui m’a moins convaincue : l’auteur ramène constamment tout au sexe ce qui est un peu lourd et n’apporte pas grand chose de plus.

 

Pour quel public ?

 

Pour un public plutôt adulte.  

 

Et le style dans tout ça ?

 

L’écriture est vraiment belle et riche. Les phrases sont parfois un peu longues mais restent digestes.

 

Mes passages et citations préférés

 
« Katsuro n’était pas très bavard. Et quand il s’exprimait, c’était davantage par allusions que par affirmations, donnant ainsi à ses interlocuteurs le plaisir d’avoir à deviner les perspectives lointaines d’une pensée inachevée ».
 
« Glauque à la lumière du jour, la pièce d’eau s’était assombrie avec la nuit, elle était à présent vitreuse, noire et dense comme de l’encre de calligraphie ». 
 
« Car la plus infaillible des certitudes est précaire, inconstante, douteuse. Ce qui paraît encore vrai ce matin sous la pluie sera peut-être un mensonge lorsque le nuage sera passé. »
 
« Car à force d’être échangées dans le seul but de flatter, répétées toujours avec la même grandiloquence, à force, en somme, de n’être fécondées que par elles-mêmes, les louanges s’appauvrissaient, elles perdaient leur fonction de surprendre, d’exalter et de dilater, elle n’étaient plus qu’un bruit de fond comme celui de la pluie du matin sur les toits ».

 

Lu entre Paris et Milan du 19 au 26 octobre

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