Lectures

Kerozene d’Adeline Dieudonné : une galerie de portraits décoiffante !

3 juillet 2021

Ça décoiffe, ça dépote, ça irrite, ça dégoute, ça secoue … On ne ressort pas indifférent de la lecture de Kerozene, le nouvel opus d’Adeline Dieudonné. Après le succès mérité de La vraie vie, que j’avais beaucoup aimé, l’auteur nous offre là encore un livre qui, permettez-moi l’expression, « en envoie ».

Décidément, c’est un carton plein en ce qui me concerne pour les livres publiés dernièrement par les Éditions de l’Iconoclaste.

 

Pourquoi ce livre ? 

 

Parce qu’après avoir lu La vraie vie, il était impensable que je ne lise pas le nouveau livre d’Adeline Dieudonné. Tout simplement.

 

Ça raconte quoi ? 

 

Kerozene est une galerie de portraits. Les portraits de quinze personnages qui ont en commun de se trouver tous à 23h12 dans une station service une fameuse nuit d’été. Au moment où se produit un incident …

Les portraits s’enchaînent jusqu’à la scène finale. Tous ont en commun une histoire noire. Blessures, traumatismes, déviances, insignifiance, exploitation … J’ai d’ailleurs été surprise de retrouver le portrait d’Alika, une bonne originaire des Philippines. En lisant ce chapitre, j’ai eu comme une sensation de déjà-vu et pour cause : Adeline Dieudonné a écrit une nouvelle qui met en scène le même personnage et qui est quasiment identique à ce chapitre. Voir mon post Instagram sur le recueil « Une nuit à l’hôtel » publié par 1 Hebdo.

Mention spéciale pour le portrait de Red Apple (ceux qui liront Kérozene comprendront).

 

La quatrième de couverture

 

 

Et le style dans tout ça ? 

 

Du rythme, du rythme et encore du rythme. Kerozene est un livre bien écrit, souvent de manière cash voire crue, mais bien écrit. J’ai bien retrouvé dans cette série de portraits, écrits tantôt à la première tantôt à la troisième personne, l’écriture percutante et franche qui m’avait séduite dans La vraie vie. 

 

Verdict 

 

Accrochez-vous car ce roman ne vous laissera pas indemne ! C’est une bourrasque !

On nous annonçait un roman « drôle comme une comédie, tendu comme un thriller, mordant comme un pamphlet ». 

Alors oui, c’est mordant, cash, rempli de tension et ça oscille entre un humour grinçant et scènes noires ou pathétiques. Je n’irais pas jusqu’à dire drôle et si l’on retrouve certains codes du thriller, ce livre n’en est pas un. Ce livre, c’est une sauce piquante ! Relevée, explosive, savant mélange de bien des ingrédients qui fonctionnent bien ensemble.

Les portraits sont accrocheurs et on traverse le livre à une vitesse folle tant on en redemande.

Côté bémol, j’aurais aimé qu’après tous ces portraits la fin, moment ultime où ces destins convergent, soit légèrement plus longue. Après un intense suspense qui se met en place au fil des pages, je trouve que la fin fait un peu pschitt. En tout cas, je l’aurais personnellement souhaitée plus étoffée.

J’ai aussi été un chouïa agacée par la récurrence de passages crus, dérapant à force de répétitions sur une forme de vulgarité qui selon moi n’était pas nécessaire.

Mais ça reste un très bon moment de lecture !

 

Lu à Saint Germain en Laye en juin 2021

* * * *

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.