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Rendez-vous au Colorado de Philippe Labro : une bouffée d’Amérique !

18 juillet 2017

Pourquoi ce livre ?

 

Honnêtement je ne sais plus trop bien comment je suis venue à ce livre. Ma propre nostalgie du Colorado peut-être ? Ou la sublime forêt qui illustre la page de couverture de la version Folio ? Quoiqu’il en soit, il est resté de longs mois dans ma bibliothèque avant que je ne l’attrape un jour en allant prendre un train. Inutile de préciser que je n’ai regretté mon achat !

 

Quatrième de couverture

 

«Qui ne cherche pas ne vit pas. Le chemin est plus important que le but. Santos-Montané l’a dit : « Tu ne réussiras ta vie que si elle est guidée par une recherche personnelle ». Pour moi, maintenant, alors que le pick-up conduit par Larry Luke, le métayer, m’emmène enfin au ranch dans le comté de Ouray, au pied des forêts et des montagnes, j’ose m’intituler « chercheur de bleu ». Chercheur de bleu, la belle expression. N’es-tu donc que cela, petit homme, et n’as-tu, toute ta vie, couru après cette couleur, c’est-à-dire cette sérénité et ce refuge ? Le bleu, tu l’as rencontré sous beaucoup de latitudes, en chaque endroit et chaque moment de ton activité incessante. Mais n’es-tu pas aussi, comme tout autre homme, chercheur de Dieu ? Le bleu, n’est-ce pas la couleur du surnaturel ?»

 

Pourquoi j’ai aimé ce livre …

 

Il y a beaucoup de poésie et de sensibilité dans ce livre là. À la période de ma vie où je l’ai lu, l’histoire – celle d’un homme qui part sur les traces de son passé pour essayer de trouver une forme de bonheur et de plénitude – a eu une résonance toute particulière. Bien sur, il y a la quête et l’introspection de l’auteur mais il y a aussi, en toile de fond, le rapport à la nature dont l’homme tire une forme d’apaisement. Cette évocation des paysages du Colorado fait du bien. J’ai ressenti ce livre comme une véritable respiration. Et bien que la mélancolie soit là, on referme l’ouvrage avec une énergie et un optimisme retrouvés. Le bonheur se trouve parfois dans la beauté d’un paysage et dans la simplicité du rapport à l’autre.

 

Pour quel public ? 

 

C’est un livre que je conseille à absolument tout le monde. Particulièrement à tous ceux et celles qui traversent une crise existentielle, cherchent un sens à leur vie ou se laissent envahir trop souvent par les idées noires. Lisez ce livre. C’est une formidable thérapie. L’évasion par le voyage !

 

Mes morceaux et citations préférés :

 

Sur le sourire :

« Car elle sourit bien, sans artifice, et son sourire pourrait même faire oublier le reste et, là encore, nous ignorons quelle force intérieure lui a permis de conserver le don du sourire, qui n’est pas éloigné du don de l’amour ».

 

Sur la vie :

« Il est rare qu’une rencontre, une conversation, l’échange d’un regard, le spectacle de la société ne me renvoient pas instinctivement aux leçons que, dans la position horizontale, sur un lit nu, dans des pièces quasi vides, j’avais reçues et que tout malade, tout ne peut oublier : aime, écoute, comprends, pardonne, observe, maîtrise ta vanité et ton impatience, détruis le négatif, compare, fais la part, aide, et vis, surtout vis !»

 

« On peut considérer que le monde est unidimensionnel, rationnel, construit sur des certitudes. On peut considérer qu’il est, au contraire, peuplé de mystères et d’inconnues, que chaque objet, chaque circonstance doit être interprété comme un signe ».

 

Sur la mémoire, le souvenir …

«On croit se souvenir de tout, ou presque. Mais qui peut dire qu’il capture le quotidien de sa vie, ce qu’il y a de plus éphémère et provisoire ? Gorgées de vin, pétales de marguerites, sourires entrevus, cris et chuchotements, amitiés ou amours passagères, haines ou colères furtives, que reste t-il dans une mémoire de cet amas de moments, d’émotions et même d’habitudes?  … Or voici que par la grâce du paysage et de la terre retrouvés, un singulier désordre vient bousculer mon ordre intérieur ».

 

« Voilà pourquoi le labyrinthe de notre mémoire est si complexe, si étonnant, et voilà pourquoi, malgré l’émergence et la domination de l’ordinateur, la mémoire humaine conserve une supériorité et un mystère. Puisque aucun outil, le plus sophistiqué, le plus avancé soit-il, ne pourra se substituer à ce qui est humain. La mémoire de l’homme a un coeur, une âme, une conscience. Elle partie de notre tout ».

 
Sur l’amour :

« Elle pensa que l’amour c’est cela : s’accoutumer à quelqu’un, attendre de le revoir, puis l’ayant revu et s’étant un peu rapproché de lui, ayant mieux appris à le connaître, penser déjà à la prochaine rencontre et savoir qu’elle sera différente de la veille, et néanmoins tout aussi familière et que cette fusion entre un sentiment éprouvé et un sentiment inédit modifie le passage du temps, et donne un sens au déroulement de la vie ».

 

Sur la beauté de la nature :

«Désormais, j’allais vivre dans cette euphorie crispée, dans cette émission intensifiée au contact de tant de beauté, couleurs et animaux, spectacle nouveau. Nous sommes bien conscients que nous vivons dans un monde ancien, pourtant ce matin là, ce monde tellement plus ancien que nous avait l’air neuf. Chaque aube m’a paru nouvelle, en ces quelques jours dans cet ample paysage. Nous devrions être capables de reconnaitre la nouveauté et de lui rendre grâce à chaque fois, partout où nous sommes. Partout (…) Même au centre de cette banale négation quotidienne, cette routine autodestructrice, il nous faut considérer que chaque aube est nouvelle et que c’’est bien ainsi.»

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