Lectures | New York

Très chère Valentine d’Adriana Trigiani : un rendez-vous manqué.

27 novembre 2020

C’est d’une déception dont je souhaitais vous parler aujourd’hui. Enthousiasmée il y a quelques années par L’Italienne d’Adriana Trigiani, je me suis jetée sur Très chère Valentine (Charleston/Points) en pensant que je ne pouvais pas me tromper. Erreur !

Comme quoi parfois, un même auteur peut produire le meilleur un jour et le pire par la suite. Les mots me manquent pour décrire cette déception. Quel dommage, mais quel dommage !

L’histoire aurait eu de quoi séduire si l’auteur n’avait pas écrit le scénario d’un mauvais film à l’eau de rose, au lieu de produire un roman crédible et avec un minimum de relief.

Parfois, j’hésite à vous parler des livres qui ne m’ont pas plu. Ceux qui m’ont agacée, frustrée voire totalement déplu. Mais puisque lire beaucoup amène forcément de temps en temps à ce genre de rendez-vous manqué, je préfère tout vous raconter. Le bon, le très bon. Mais aussi le mauvais et le très mauvais.

 

Pourquoi ce livre ?

 

Je cherchais un livre qui se déroule en Toscane à lire pendant mes vacances … en Toscane. Comme c’est original !

 

Ça raconte quoi ?

 

Jeune femme insipide et mal dans sa peau, Valentine a un talent pour la création. En pleine crise existentielle, elle décide de travailler pour sa grand-mère, qui possède un atelier de création de chaussures sur mesure.

L’atelier est au bord de la faillite et elle tentera tout pour le sauver. En rencontrant au passage un homme et en entamant une profonde métamorphose personnelle.

Vous sentez déjà à la manière dont je vous en parle ce que j’en ai pensé … Soupirs.

 

La quatrième de couverture

 

New York, 2007. De génération en génération, les Roncalli ont mis tout leur amour dans la confection d’exquises chaussures de mariage, façonnées dans les cuirs les plus tendres et les satins les plus chatoyants. Une passion qui a permis à la petite entreprise familiale de perdurer, en plein coeur d’un Manhattan envahi par les grandes enseignes. Aujourd’hui, c’est à Valentine qu’il revient de poursuivre cet héritage. Mais prise dans les tumultes de la vie new-yorkaise et son histoire d’amour compliquée avec un jeune chef cuisinier en vogue, l’inspiration lui manque. Et si un voyage en Italie sur les traces de son histoire familiale l’aidait à découvrir sa voix artistique ? Et peut-être beaucoup d’autres choses sur elle-même…
Des rues encombrées de Manhattan aux verdoyantes collines toscanes, à la rencontre d’une jeune femme passionnée et inoubliable.

 

Et le style dans tout ça ?

 

Pauvre même si le livre se lit facilement (il faut bien lui trouver quelques qualités tout de même).

Par contre j’ai trouvé ridicule et assez pathétique que l’auteur insère dans son récit une référence à son précédent livre. Il est question d’un livre que l’on va adapter au cinéma. Devinez lequel ? Lucia Lucia. Lequel est écrit par ? Adriana Trigiani herself … L’auto-citation était-elle nécessaire ?

 

Verdict

 

Je ne sais même pas pour où commencer. Ce livre a cumulé les promesses non tenues et les clichés.

Première promesse non tenue : la quatrième de couverture m’avait vendu un roman planté majoritairement dans la campagne Toscane. Résultat, un roman dont l’action se déroule à New York. S’il y a quarante pages sur la Toscane sur la totalité du livre, c’est bien le maximum.

En effet, j’attendais que l’auteur exploite le thème du retour aux origines, la découverte d’un autre mode de vie, qu’elle donne un peu de couleur à son récit en nous faisant voyager au milieu des collines toscanes. C’était la raison première pour laquelle je suis allée vers ce livre. Inutile de dire que j’ai eu le sentiment d’être totalement trompée.

Ensuite, dire que le personnage principal était exaspérant n’est pas une exagération. Insipide, cul-cul, sans intérêt. On a là le tableau parfait de la girl next-door, déboussolée, mal dans sa peau et insupportable de naïveté et d’auto-apitoiement. Les développements amoureux qui s’en suivent manquent de ce fait totalement de crédibilité. « Improbable » : voilà l’adjectif qui me vient à la bouche.

Enfin que dire de cette farandole de clichés sur la communauté italienne des Etats-Unis ? Ils passent tantôt pour des bofs, tantôt pour des gros lourds. Et dire qu’Adriana Trigiani est d’origine italienne ! Ses compatriotes apprécieront ce portrait peu flatteur et totalement caricatural.

Seul point positif, j’ai trouvé touchante la relation entre Valentine et sa grand-mère. Un angle mieux traité que le reste mais qui ne réussit pas à rattraper cette lecture.

 

Que lire du même auteur ? 

 

Autant ce livre a été une déception, autant je vous recommande L’italienne.

* * * * *

Lu à Montepulciano, Toscane en août 2020

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    1. Merci pour ce retour. Je suis rassurée de voir que nos ressentis sont alignés 😉
      Quand je pense que le Boston Globe le présente comme « poignant, drôle, tendre et incandescent », je me demande s’ils ont même ouvert le roman ! Et dire qu’il existe un tome 2 …

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