Japon | Lectures

Neige de Maxence Fermine : une parenthèse délicate

27 juillet 2018

Souvenez-vous, il y a juste quelques semaines, je suis tombée sous le charme de Zen de Maxence Fermine. Tellement sous le charme que j’en voulais encore … J’ai donc foncé sur Neige, du même auteur. Essai transformé avec ce joli conte publié aux Éditions Points !

 

Pourquoi ce livre ?

 

Premièrement, et comme je l’écrivais, c’est la lecture de Zen qui m’a amenée à NeigeJ’ai beaucoup aimé la sensibilité et l’écriture de Maxence Fermine et ai eu envie de continuer à le lire. Deuxièmement, nous préparons un très beau voyage au Japon pour l’année prochaine. Donc tout ce qui me permet de rentrer dans cette ambiance si particulière est le bienvenu. 

 

Ça raconte quoi ?

 

Dans l’esprit, Neige et Zen se ressemblent. Dans les deux cas, il y a un rapport particulier et infiniment délicat aux arts et aux sens. Et dans les deux cas, ce sont de belles et fortes histoires de transmission du savoir. Dans Neige, Yuko a choisi d’être poète. Il écrira des haïku, ces petits poèmes de trois vers et de dix-sept syllabes. Fasciné voire hypnotisé par la blancheur de la neige, ses poèmes manquent de couleurs et son talent touche à ses limites. Il part donc apprendre auprès du vieux maître Soseki les nuances et les couleurs pour parfaire son art. En chemin, une image va le bouleverser et changer le cours de son existence. 

 

Quatrième de couverture

 

«A la fin du XIXe siècle, au Japon, le jeune Yuko s’adonne à l’art difficile du haïku. Afin de parfaire sa maîtrise, il décide de se rendre dans le sud du pays, auprès d’un maître avec lequel il se lie d’emblée, sans qu’on sache lequel des deux apporte le plus à l’autre. Dans cette relation faite de respect, de silence et de signes, l’image obsédante d’une femme disparue dans les neiges réunira les deux hommes. Dans une langue concise et blanche, Maxence Fermine cisèle une histoire où la beauté et l’amour ont la fulgurance du haïku. On y trouve aussi le portrait d’un Japon raffiné où, entre violence et douceur, la tradition s’affronte aux forces de la vie».

 

Et le style ?

 

Les chapitres excèdent rarement une page et le livre lui-même se lit en une heure chrono. J’ai retrouvé dans Neige ce qui m’avait plu dans Zen à savoir des phrases courtes et ciselées. Aucun mot en trop et pourtant beaucoup de puissance dans cette écriture. Énormément d’élégance aussi. Bref, j’aime décidément beaucoup.

 

Verdict

 

Si je n’ai pas eu pour Neige l’énorme coup de coeur que j’ai eu pour Zen, j’en ai pour autant beaucoup apprécié la lecture. Ce livre offre une jolie pause dans une vie bien agitée. Il permet de s’évader, de prendre le temps de la lenteur. De se focaliser sur les gestes et les sensations plus que sur les faits. Toute en délicatesse et dans un style vraiment à part. Lisez-le !

   

Pour qui ?

 

Tout public. À conseiller particulièrement à ceux qui ont peu de temps pour lire. 

 

Que lire de cet auteur ?

 

  • Zen

 

Mes passages et citations préférés

 

« Un matin, on se réveille. Il est temps de se retirer du monde pour mieux s’en étonner. Un matin, on prend le temps de se regarder vivre ». (p. 16)

 

« Il en conçut aussitôt pour elle une terrible haine et un immense amour ». (p.34)

 

« En vérité, le poète, le vrai poète, possède l’art du funambule. Écrire, c’est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d’un poème, d’une oeuvre, d’une histoire couchée sur un papier de soie. Écrire, c’est avancer pas à pas, page après page, sur le chemin du livre. Le plus difficile, ce n’est pas de s’élever du sol et de tenir en équilibre, aidé du balancier de sa plume, sur le fil du langage. Ce n’est pas non plus d’aller tout droit, en une ligne continue parfois entrecoupée de vertiges aussi furtifs que la chute d’une virgule, ou que l’obstacle d’un point. Non, le plus difficile, pour le poète, c’est de rester continuellement sur ce fil qu’est l’écriture, de vivre chaque heure de sa vie à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serait-ce qu’un instant, de la corde de son imaginaire. En vérité, le plus difficile, c’est de devenir un funambule du verbe ». (p.81)

 

 

 

Lu le 22 juillet à Paris

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