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Japon : trois jours à Tokyo : itinéraire et recommandations

23 février 2020

Dernière étape de notre semaine au Japon et pas des moindres : on vous emmène trois jours à la découverte de Tokyo. Que voir et que faire à Tokyo ? Dans cet article, nous partageons nos coups de coeur et nos déceptions, nos bonnes adresses et nos suggestions d’activités. Un itinéraire particulièrement adapté si, comme nous, il s’agit de votre premier voyage à Tokyo.

 

Trois jours à Tokyo

 

 

Ressenti global

 

Après une véritable claque culturelle et culinaire à Kyoto, et une bulle de calme et de bien-être dans la région d’Hakone, la capitale nippone restera finalement ce qui nous a le moins plu au Japon. Si nous y avons vécu de très jolis moments, d’autres nous ont franchement déçus. Ce que nous avions prévu pour trois jours peut clairement se concentrer sur deux, surtout si vous êtes comme nous de bons marcheurs. Si vous aimez prendre votre temps, alors trois jours nous semblent bien.

Tokyo, par bien des aspects, nous a rappelé New York, où nous avons vécu tous les deux. Un New York encore plus chaotique et bruyant, et globalement plus hostile également. Là où nous avions trouvé la population locale très accueillante à Kyoto, nous avons trouvé Tokyo assez fermée. Et pourtant, nous sommes du genre à toujours chercher un contact et des échanges avec les « locaux ». À Tokyo, nos ardeurs et notre sens du voyage par le partage ont été vraiment refroidis.

Tout n’a bien sûr pas été noir. Loin de là ! Nous avons notamment eu de belles expériences culinaires et avons aimé découvrir certains quartiers. Plongeons tout de suite dans le vif du sujet …

 

En bref et sur la carte

 

Jour 1

 

  • Installation dans le quartier de Shinjuku
  • Apéro au New York Bar du Park Hyatt de Tokyo et dîner au New York Grill
  • Shinjuku by night (à pied!)

 

 

Jour 2

 

  • Sanctuaire Meiji-Jingu
  • Shibuya Crossing
  • Déjeuner au Food Show au niveau de la station de Shibuya
  • Déambulation dans le quartier de Harajuku jusqu’à Takeshita-dori

 

 

  • Tokyo Station by night et déambulations dans Ginza
  • Apéro dans un bar underground-chic à Ginza
  • Dîner gastronomique à Seamon Ginza (sushis)

 

 

Jour 3

 

  • Tokyo Station et promenade dans Chiyoda
  • Visite des jardins Est du Palais impérial
  • Marché de poissons Tsukiji
  • Expérience immersive Teamlab Borderless
  • Dîner chez Genkai dans Shinjuku

 

* * * * *

 

En détail et en photos

 

Jour 1

 

Nous sommes arrivés en milieu d’après-midi le premier jour. Depuis Hakone, nous avions pris le Shinkansen qui en 35 minutes nous a propulsés à Tokyo Station. De là, premier choc : la fourmilière ! Un monde fou, des couloirs et des panneaux dans tous les sens et globalement une information peu claire. Bien étourdis par ce tourbillon, nous avons quand même fini par trouver la ligne JR conduisant à Shinjuku Station, la Chuo Line (Orange). Avec les valises et le monde, on vous laisse le soin d’imaginer la douceur de notre arrivée …

Une fois arrivés à Shinjuku, nous avons eu la chance de choisir la bonne sortie (coup de chance) et avons pris de plein fouet le Tokyo tel qu’on l’imagine quand on y a jamais mis les pieds : coloré, animé, décalé.

 

 

Après s’être perdu (oui oui), notre taxi qui ne comprenait pas un mot d’anglais et refusait de regarder notre carte sur notre téléphone a fini par nous déposer à notre hôtel. Nous avons découvert à ce moment là que l’hôtel que nous pensions à cinq minutes à pied de Shinjuku Station était en fait à vingt bonnes minutes. Autant dire que nous n’étions pas ravis. Pour rattraper cette mauvaise première impression de la ville, nous sommes immédiatement sortis.

Direction le Park Hyatt de Tokyo pour un apéro happy hour depuis le dernier étage d’un gratte ciel au New York Bar. Comptez un petit quart d’heure de marche depuis Shinjuku (vers l’ouest). Tout le monde recommande cet endroit et, franchement, on a compris pourquoi. De là-haut, la ville a effectivement des airs de New York. L’ambiance est élégante et chic. Nous avons regardé le soleil – timide ce jour là – se coucher sur la ville en sirotant un cocktail.

 

 

Coupés de la foule et du bruit, nous avons apprécié ce moment de quiétude et savouré l’instant. Conseil : y venir assez tôt (dès l’ouverture) pour avoir la meilleure table.

 

 

Nous étions tellement bien que nous avons décidé de dîner au comptoir du New York Grill, juste à côté. Bien mais cher.

 

Le New York Grill

 

 

Il était encore tôt et nous avons décidé de rentrer à pied, pour voir Shinjuku de nuit. C’est dans le quartier de Kabukicho qu’il faut se rendre (nord-est de la station) qu’il faut se rendre. Attention les yeux !

 

 

Certains iront pour voir la tête de Godzilla, d’autres comme nous, seront davantage conquis par les rues délicieusement particulières du Golden Gai et ses minuscules pubs. Nous y étions pendant la coupe du monde de rugby et il y avait une sacrée ambiance. À refaire, nous programmerions un drink dans l’un de ces « bars ».

 

 

Juste à côté, le Hanazono-Jinja, où quand l’histoire et le sacré côtoient au sein du même quartier la démesure de la modernité. Bref, l’essence de Tokyo en quelque sorte.

 

 

Jour 2

 

Le matin

 

Le deuxième jour est arrivé. Armés d’un café géant à emporter, nous nous sommes dirigés au sud vers le parc du sanctuaire Meiji-Jingu. Il faisait une chaleur de tous les diables, et pénétrer au sein de ce poumon vert nous a fait un bien fou.

 

 

En quelques secondes, la verdure et le calme nous ont profondément apaisés. Un vrai bonheur de se retrouver en pleine ville dans un lieu aussi préservé. Fort heureusement, nous sommes arrivés avant la foule. Mais même dans le pire des cas, les allées sont tellement larges qu’on ne ressent pas l’oppression de la masse.

 

 

Curiosité qui nous a amusés : une allée de barriques des plus grands crus de Bourgogne ! En face des rangées de saké.

 

 

Nous avons quitté le sanctuaire par le Sud, direction Shibuya. Après quelques centaines de mètres à marcher à travers une sorte de no man’s land, nous avons retrouvé les gratte-ciels et la modernité. Plusieurs fois, des go-karts en file indienne sont passées à proximité. L’activité pour touristes déguisés en personnages de manga ou en Super Mario. Rigolo à voir. Clairement, nous sommes bien au Japon !

Puis, nous sommes arrivés au fameux croisement de Shibuya ou « Shibuya Crossing ».  Vous avez forcément déjà vu des images de ces énormes passages pour les piétons sur lesquels se déverse une foule de gens dans une impression de fin du monde. Un spectacle assez étrange, quasi hypnotique qui s’observe en prenant un peu de hauteur.

 

 

Direction le premier étage du Starbucks pour une vue de choix sur le carrefour. Il faut jouer des coudes mais une fois placés, c’est assez sympa. Pour être franche, je m’attendais à un truc encore plus fou. Finalement, comparé à Times Square, j’ai trouvé le carrefour de Shibuya en lui-même d’un intérêt moindre. Même si je dois reconnaître que le phénomène de déversement de la foule à chaque feu vert est à voir.

 

Shibuya Crossing

 

Ensuite, il était l’heure de déjeuner. Nous nous sommes alors dirigés vers le food court de la station de Shibuya. Ca s’appelle le Tokyu Food Show. Il s’agit d’une sorte de grande halle souterraine avec une multitude de stands offrant à peu près tout ce que vous pouvez désirer manger. Nous avons mangé là sur le pouce et c’était très bien. Bon, rapide et efficace. Une chouette expérience au plus proche des locaux dans un rythme bien tokyoïte.

 

Le Tokyu Food Show

 

L’après-midi

 

L’après-midi, nous avons déambulé dans le quartier voisin de Harajuku. Il fallait en passer par là pour vivre pleinement Tokyo. Et pour cela, on ne pouvait pas faire l’impasse sur la partie ultra déjantée/kitsch de la ville. Accoutrements improbables, confiseries rivalisant d’inventivité et toujours plus flashy … Une virée dans un monde parallèle où le bon goût s’en est allée mourir mais qu’il est plutôt rigolo d’avoir vu. Disons que ça fait partie du folklore. Pour un condensé de ce que je viens de décrire, rendez-vous directement sur Takeshita Dori.

 

 

Nous sommes rentrés à l’hôtel nous changer puis nous sommes dirigés vers Tokyo Station en métro. En marchant vers le sud de la gare, nous avons découvert le quartier de Ginza. Si j’osais la comparaison avec New York (qui vient assez naturellement), je dirais que Shibuya, c’est Times Square et que Ginza est un mix entre la 5e et Madison Avenue. C’est frappant au point que nous nous sommes tous les deux fait la même réflexion au même moment. Enlevez les panneaux écrits en japonais et vous pouvez vous croire en plein coeur de Manhattan. Ah la mondialisation …

 

 

En avance pour dîner, nous avons cherché un endroit où boire un verre. C’est Lonely Planet qui nous a amenés au Bar Evans. Un petit joyau tellement bien planqué que nous n’étions que trois clients. Un peu flippant au premier abord. On descend dans une sorte de sous sol glauque (peu rassurant). Puis, on pousse la porte et on se retrouve dans un petit bar à l’atmosphère feutrée. Pas donné mais très sympa.

 

Bar Evans

 

Enfin, pour dîner, nous sommes allés dans un resto de sushis haut de gamme : Seamon Ginza. Déçus de ne pas avoir pu goûter les « meilleurs sushis du monde » (vous comprendrez pourquoi plus bas), nous avons beaucoup apprécié ce restaurant. La qualité était au rendez-vous.

 

Seamon Ginza

 

Jour 3

 

Bon, vous l’aurez compris, nous avons tout donné le deuxième jour. Nous avons condensé la plupart des « must » de Tokyo en une seule journée. À refaire, nous aurions pu en garder sous le pied pour le 3e jour. En effet, nous nous sommes retrouvés un peu dans l’angoisse de savoir ce que nous allions bien pouvoir faire (un dimanche de surcroît).

Dans la matinée, nous avons pris le métro jusqu’à Tokyo Station. Sympa à voir de jour car l’architecture de cette gare est singulière.

 

 

De là, nous avons marché dans Chiyoda jusqu’aux jardins Est du palais impérial. L’accès est gratuit et encore heureux ! Ces jardins resteront, je pense, ma plus grande déception à Tokyo. Il n’y a tout bonnement rien à voir. Une perte de temps incroyable.

 

 

Manque de chance, notre halte suivante a été tout aussi décevante. Le marché aux poissons historique de Tsukiji a perdu toute sa superbe lorsque cette institution qu’est le marché aux poissons de Tokyo a été déplacé. Depuis, il n’y a plus grand chose. Deuxième vraie déception.

 

 

Que faire de notre dernière demi-journée après nos mauvaises expériences du matin ? Après un moment de réflexion, nous avons opté pour l’expérience immersive TeamLab Borderless. L’exposition était passée par Paris et nous l’avions hélas loupée. Ni une ni deux, nous avons pris un taxi pour arriver au bout du monde ou presque : sur l’île d’Odaiba. Et alors là : la claque ! C’était juste magique. Nous avons adoré et ce, en dépit de la foule qui nous a privés de la visite de certaines salles. Cerise sur le gâteau, nous avons pris un thé dans une salle plongée dans l’obscurité. Même dans cette espace, la technologie est présente et c’est un spectacle de tous les instants. On vous conseille chaudement de vous y rendre, si bien sûr vous disposez de suffisamment de temps à Tokyo.

 

Teamlab Borderless

La grande roue d’Odaiba

 

Pour notre dernier dîner, nous n’étions pas sûrs de savoir où aller. Le hasard a voulu que nous nous arrêtions devant Genkai, non loin de notre hôtel à Shinjuku. Nous avons adoré notre dîner dans ce restaurant aux allures de maison traditionnelle. La nourriture était tout simplement excellente. Le service courtois et le silence très appréciable. En plus, nous étions seuls dans notre salle car le lieu est immense. Une manière de conclure notre séjour sur une note très positive ! En bonus, une glace matcha dont la recette est vieille de près d’un siècle !

 

Genkai

 

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Le carnet de voyage à Tokyo

 

Pour récapituler, on vous liste ici nos plus et nos moins pour vous aider à organiser l’itinéraire le plus sympa qui soit :

 

On a aimé

 

  • Notre apéro avec vue au New York Bar tout en haut du Park Hyatt
  • L’expérience immersive TeamLab Borderless
  • Prendre un bol d’air et de nature dans le parc Meiji-Jingu entre Shinjuku et Shibuya
  • Déjeuner sur le pouce dans les allées du Tokyu Food Show, un immense espace sous le carrefour de Shibuya.
  • Regarder le mythique carrefour de Shibuya depuis le premier étage du Starbucks.
  • Un apéro dans un mini bar en sous-sol à Ginza : Bar Evans
  • Notre dernière soirée au restaurant Genkai à Shinjuku

 

On a beaucoup moins aimé

 

  • Le marché de Tsukiji – totalement inutile
  • Les jardins Est du Palais impérial – aucun intérêt

 

 

Se déplacer à Tokyo

 

Tokyo, c’est très grand et nous avons trouvé que s’y déplacer relevait vraiment du parcours du combattant. Merci à Google Maps, grâce auquel nous avons à peu près réussi à maitriser métro et lignes JR (pour mettre à profit un maximum notre JR Pass). Parfois, nous avons abandonné et cédé aux sirènes des taxis car globalement nous avons trouvé les déplacements extrêmement pesants.

 

Où manger à Tokyo ?

 

Il y a au Japon une discrimination décomplexée à l’encontre des étrangers. C’est choquant et cela s’exprime particulièrement dans l’accès à certains restaurants. Pour vous donner un exemple, nous avions un rêve : manger chez Sukiyabashi Jiro, les meilleurs sushis du monde, couronnés par trois étoiles au guide Michelin. Pour m’assurer une réservation, j’ai commencé à m’en occuper un an à l’avance. J’ai tout essayé : envoyer un message, faire appeler la conciergerie de ma carte Amex, faire appeler notre hôtel, faire appeler par un ami japonais. Rien n’y a fait. Pas de réservation pour les étrangers. Seuls les habitués peuvent réserver. Le Guide Michelin ne s’y est pas trompé et a décidé de retirer toutes ses étoiles à ce restaurant, considérant qu’il n’en est plus un puisqu’on ne peut plus y manger.

Le problème n’est hélas pas isolé, et nous avons rencontré des difficultés similaires avec d’autres établissements. C’est désagréable et ça refroidit.

Globalement, nous avons vraiment bien mangé à Tokyo. Ci-dessous, nous avons récapitulé nos bonnes adresses par quartier.

 

Shinjuku

 

Shibuya

 

Ginza

 

Où prendre un verre à Tokyo ?

 

Shinjuku

 

Ginza

 

Où dormir ?

 

Nous étions à 20 minutes à pied de la gare de Shinjuku, dans un hôtel sans prétention. Et si c’était à refaire, nous choisirions un autre hôtel, même si la zone offre pas mal de possibilités pour ceux qui aiment parcourir les villes à pied. Je continue à penser que c’est la zone la plus pratique pour voir un maximum de choses et c’est très pratique pour rejoindre l’aéroport de Narita grâce au JR Pass par le Narita Express. Lors d’un prochain voyage, j’irai peut être plus volontiers du côté de Tokyo Station / Ginza, que j’ai aimé car légèrement moins chaotique.

 

Voyage réalisé en septembre 2019

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